L'axe "sciences, philosophie, complexité" de l'Institut de Recherches Philosophiques de Lyon (IRPhiL) poursuit les travaux menés dans l'ancien "Centre d'Etude des Formes", qui, dans la tradition de la philosophie française des sciences, entendait prendre en compte une réflexion sur les sciences formelles et les sciences de la nature, dans une perspective qui les éclaire à la fois philosophiquement et historiquement.
La dimension historique des problèmes apparaît d'autant plus nécessaire que des interrogations contemporaines sur la diversité et la complexité des niveaux de rationalité sont apparues très tôt dans l'histoire et notamment dans la réflexion systématique menée au sein de l'idéalisme allemand (Kant, Schelling, Hegel), donnant lieu, à l'élaboration d'une réflexion sur l'épistémologie des frontières. De ce point de vue, l'étude de la réflexion kantienne sur certaines sciences de la nature (cosmologie, chimie) ou sur certaines sciences humaines (psychologie, géographie, histoire, éducation...) ainsi que le lent processus de maturation d'une philosophie de la nature aux divers sens de la Naturphilosophie (1797-1803) de Schelling, nous ont paru devoir heureusement servir la réflexion épistémologique.
Par ailleurs, les travaux des épistémologues et logiciens issus directement du Centre d'Etude des Formes couvrent trois grands secteurs complémentaires de la recherche en épistémologie. Ils portent respectivement sur les sciences et neurosciences cognitives, sur la philosophie de la médecine et de la santé, enfin, sur quelques aspects de la pensée formelle et notamment de philosophie des mathématiques. Malgré leur diversité, il n'est pas déraisonnable de penser qu'ils se complètent, tissent des liens entre eux et puissent même, à terme, tendre à s'harmoniser dans une vision d'ensemble.