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Séminaire JCPA | Philosophie morale
Evènement | 14 avril 2026
Intervention d'Héloïse MICHELON (Université Catholique de Lille), mardi 14 avril 2026, dans le cadre du séminaire Jeunes Chercheurs de Philosophie Argumentative.
Séance 6 : Philosophie morale
Héloïse Michelon (Université Catholique de Lille) : "Le mieux est-il l’ennemi du bien ? Réflexions sur l’application du conséquentialisme satisficing à la procréation"
Résumé :
Savulescu défend ce qu’il conçoit comme l’application du conséquentialisme maximisant au domaine de la procréation : le principe de bienfaisance procréative (PBP). Selon ce principe, les parents prospectifs ont l’obligation morale de « choisir, parmi les enfants qu’ils pourraient avoir, celui qui devrait avoir la meilleure vie » (Savulescu, 2001). Maximiser le bien-être, dans ce contexte, revient à sélectionner les embryons en fonction de leurs caractéristiques génétiques afin de donner naissance à l’enfant dont la vie sera la plus bénéfique possible. Pour Savulescu et Kahane , « nous avons des raisons de choisir ce qui est bon, et davantage de raisons de préférer ce qui est meilleur » (Savulescu, Kahane, 2009).
Nous soutenons, à l’inverse, que si nous avons des raisons morales de choisir ce qui est bon, nous n’avons pas l’obligation de rechercher ce qui est meilleur. Nous proposons d’appeler suffisantisme procréatif la position selon laquelle les parents prospectifs ont l’obligation morale de s’assurer que leur futur enfant aura une vie suffisamment bonne, sans être tenus de maximiser son bien-être. Inspiré du satisficing consequentialism (Slote, 1985), le suffisantisme procréatif transpose dans le domaine de la procréation l’idée d’un seuil de suffisance au-delà duquel la maximisation du bien-être cesse d’être moralement obligatoire.
Cette approche doit cependant répondre à une double série d’objections : celles formulées par Savulescu contre le SC dans le contexte procréatif, et celles plus générales adressées à cette théorie morale. En effet, le SC est souvent accusé d’être injustement permissif, en autorisant les agents à choisir une option sous-optimale alors qu’un meilleur résultat est possible (Mulgan, 1993). Une telle position conduirait, selon ses critiques, à une forme de « prévention gratuite du bien » ( Bradley, 2006), c’est-à-dire à un renoncement injustifié à un état du monde supérieur.
Nous soutenons cependant que cette objection perd sa force dans le contexte spécifique de la procréation. Contrairement aux situations de choix ordinaires, les décisions procréatives ne consistent pas à priver un individu existant d’un bien déjà réalisé, mais à faire advenir une nouvelle existence. Il n’existe donc pas, avant le choix procréatif, d’état de fait meilleur que les parents se détourneraient intentionnellement. De plus, la recherche du « meilleur enfant possible » suppose des coûts considérables — technologiques et humains — liés notamment à la fécondation in vitro, au dépistage génétique ou à l’incertitude dans la détermination des caractéristiques susceptibles de contribuer à la « meilleure vie ». En défendant le suffisantisme procréatif, nous proposons ainsi une alternative conséquentialiste au PBP, qui conserve la préoccupation pour le bien-être des futurs enfants tout en rejetant l’exigence excessive de maximisation.
- Bradley, Ben. « Against Satisficing Consequentialism ». Utilitas 18, no 2 (2006): 97‑108.
- Mulgan, Tim. « Slote’s Satisficing Consequentialism ». Ratio 6, no 2 (1993): 121‑34.
- Savulescu, J. « Procreative Beneficence: Why We Should Select the Best Children ». Bioethics 15, no5‑6 (2001): 413‑26.
- Savulescu, Julian, et Guy Kahane. « The Moral Obligation to Create Children with the Best Chance of the Best Life ». Bioethics 23, no 5 (2009): 274‑90.
- Slote, Michael A. Common-Sense Morality and Consequentialism. London : Routledge and Kegan Paul, 1985.
► Lien de connexion :
https://univlyon3.webex.com/univlyon3-en/j.php?MTID=m262d01f2c9461ae5c87847a1079c99bf
► Toutes les informations sur le Séminaire Jeunes Chercheurs de Philosophie Argumentative
INFOS PRATIQUES
Contact
Vasiliki Xiromeriti et Frédéric Schwartz
vasiliki.xiromeriti@univ-lyon3.fr;frederic.schwartz1@univ-lyon3.fr
Colloque / Séminaire
ThématiquePhilosophie, Recherche, Doctorat
Informations
Organisateurs
Vasiliki Xiromeriti (IRPhiL, Université Jean Moulin Lyon 3)
Frédéric Schwartz (IRPhiL, Université Jean Moulin Lyon 3)
Frédéric Schwartz (IRPhiL, Université Jean Moulin Lyon 3)
