Séminaire Naturalisme, Sciences et Environnement



Organisation

Ce séminaire de recherche est co-organisé par l'IRPhiL (UR 4187) et l'ENS de Lyon.

Contacts : Delphine Antoine-Mahut, Pablo Jensen, Samuel Lézé, Stéphane Madelrieux
Quand ? Les jeudis de 10h à 13h
Où ? ENS de Lyon, Salle Desanti (D2034)
Pour qui ? Ouvert à tous les étudiants et personnels

Présentation du séminaire

Ce cycle d'interventions, d'échanges et de réflexions interdisciplinaires s'inscrit dans le cadre du séminaire "Problèmes de la modernité" à l’ENS de Lyon (IHRIM-LaBex COMOD), de la création, à l'ENS de Lyon, d'un nouvel Institut des mondes durables et de l’axe "Sciences, santé, connaissance" de IRPhiL, Université Jean Moulin Lyon3.  
 
Labex COMOD ENS Lyon - Institut des mondes durables Institut de recherches philosophiques de Lyon (IRPhiL) IHRIM
 
Argumentaire

Qu'est-ce qui nous a conduits à la catastrophe écologique en cours ? Pour agir efficacement, il importe de savoir répondre à cette question. Et les coupables potentiels ne manquent pas : égoïsme humain, capitalisme, productivisme, dualisme, vision mécaniste de la Nature, etc. 

Dans ce séminaire, nous nous concentrerons sur le "naturalisme", qui, selon Philippe Descola, caractérise la vision occidentale du monde depuis la révolution scientifique du XVIIe siècle. Il écrit ainsi : "La cause principale de l'entrée dans l'anthropocène, c'est le développement du mode de composition du monde naturaliste fondé, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, sur l'affirmation d'une différence de nature entre les humains et les non-humains. Le résultat est l'émergence d'une nature hypostasiée, vis-à-vis de laquelle les humains se sont mis en retrait et en surplomb pour mieux la connaître et la maîtriser" (Esprit, 2015 : 14).

Cependant, cette caractérisation du "naturalisme" est contestée par de nombreux philosophes, qui considèrent au contraire que celui-ci est une forme de monisme établissant une continuité forte entre les humains et les non-humains, à l'image de la théorie de l'évolution de Darwin. Celle-ci réussit en effet à rendre compte, au moyen d'un mécanisme aveugle fondé sur les seules lois naturelles, de phénomènes jusque-là considérés comme résultant d'une intention divine. Ce serait non pas le naturalisme, mais le "dualisme", hérité du christianisme, qui serait responsable de la domination occidentale sur la "nature". 

Au-delà du débat philosophique sur le concept de naturalisme, ce séminaire permettra de débattre de questions importantes pour mieux comprendre et agir face à la catastrophe environnementale :
 

  • Incriminer le naturalisme occidental conduit à un regain d'intérêt pour ces autres cosmologies (totémisme, animisme ou analogisme), censées entretenir des relations moins nocives avec leur environnement. L'animisme peut ainsi être réinvesti pour penser des relations plus respectueuses à l'égard des vivants. Mais renoncer au naturalisme, n'est-ce pas aussi renoncer aux outils critiques dont il est porteur ? Renoncer aux seules explications causales, en admettant des entités surnaturelles pour mettre fin aux enquêtes scientifiques ? Renoncer aux discussions ouvertes, alors que les alternatives pourraient nous imposer des valeurs absolues et indiscutables ?
  • Quelle est la place des sciences dites "naturelles" dans ce débat ? Car si les sciences ont joué un rôle essentiel dans la domination du monde, de nombreux résultats récents des sciences du vivant (intelligence, personnalité, sensibilité des animaux, liens entre espèces, dépendance des humains vis-à-vis des dynamiques propres aux vivants...) montrent l'arbitraire d'une frontière étanche entre humains et non-humains. Ces résultats nous conduisent à penser les vivants comme des êtres autonomes, dignes de respect, d'égards, de par leur continuité biologique avec nous, humains, mais aussi de par leur vulnérabilité, qui est aussi la nôtre, enchevêtrés que nous sommes dans les écosystèmes dont nous dépendons (pollinisateurs décimés par les pesticides, biodiversité, etc.).

Programme du séminaire

 
Programme 2026-27
  • Séminaire | Présentations croisées  17 septembre 2026

    Séance d'ouverture du séminaire Naturalisme, Sciences et Environnement, jeudi 17 septembre 2026, co-organisé par l'IRPhiL (UR 4187) et l'ENS de Lyon.

 
 
  • 1er octobre 2026 :
    Catherine LARRERE
    (UMR 8103-ISJPS, Faculté de philosophie, Université de Paris 1- Sorbonne) : 
    Philippe Descola : querelles autour du naturalisme
     
  • 8 octobre 2026 :
    Dominique GUILLO
    (UMR 8598-GEMASS, Sorbonne Université) :
    Le « petit partage » : une autre histoire des relations entre biologie et sciences sociales ; une nouvelle manière de les articuler

  • 22 octobre 2026 :
    Léo MAGNIN
    (UMR 1326-LISIS, Université Gustave Eiffel) :
    Faire le bilan du carbone

    Jean-Baptiste VUILLEROD (UMR 5317-IHRIM, ENS de Lyon) :
     Le concept de Bildung par-delà nature et culture
     
  • 12 novembre 2026 :
    Guillaume COISSARD
    (UMR 5317-IHRIM, ENS de Lyon) :
     « Toute la nature est pleine de vie. » Principes du naturalisme leibnizien.
     
    Wolf FEUERHAN (UMR 8560-CAK, CNRS, MNHN) :
     « Nature », « Milieu », « Umwelt », « Environment » : histoires de catégories
     
  • 19 novembre 2026 :
    Didier DEBAISE
    (PHISOC, Université Libre de Bruxelles) :
    Les Modernes et leurs natures. Comment repenser le naturalisme aujourd’hui ?
     
    Marine FAUCHE (CERES-ENS, PSL) :
    Les pratiques de conservation de la nature sont-elles naturalistes ?
     
  • 3 décembre 2026 :
    Anne SIMON
    (USR 3608-République des Savoirs, PSL) :
    La littérature contre l’Oxydent
     
    Charles WOLFE (ER ERRAPHIS, Université Toulouse jean Jaurès) :
    Naturalisme, matérialisme et philosophie première
     
     
Programme 2027 – Semestre 2
 
Avec :
 
Chloé Mondémé (sociologue)
François-Xavier Dechaume-Moncharmont (écologie),
Virginie Maris (philosophe)
Charlotte Brives (anthropologue)
Myriam Bahaffou (philosophe)
Daniel Andler (sciences cognitives)
Jean-Marie Schaeffer (philosophe)
Eric Baratay (historien)
Stéphane Van Damme (historien des sciences)
Stéphane Madelrieux (philosophe)
Sylvain Piron (historien)
Thierry Hoquet (philosophe)
 
14, 21 et 28 janvier - 4, 11 et 18 février - clôture le 18 mars 2027
 
 
Séance de clôture : Philippe DESCOLA