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Séminaire POENA – La punition à l’épreuve des féminismes
Présentation du séminaire
Depuis 2017, le mouvement #MeToo a permis de mettre en lumière le caractère massif et structurel des violences sexistes et sexuelles que les mouvements féministes, dès les années 70, n’ont eu de cesse d’analyser et de dénoncer. Face à ces violences, un immense chantier pour "changer les représentations" et "repenser les prises en charge" (Hamidi et Marti 2026) doit être ouvert. Or l’objectif le plus fortement médiatisé est celui de la lutte contre l’impunité des agresseurs. Celle-ci est dénoncée à la fois comme l’une des conséquences les plus injustes de la société patriarcale et des rapports de domination de genre, et comme le résultat de multiples défaillances des institutions législatives et judiciaires. Mais le sens de cette impunité et l’objectif de cette lutte, quoique celle-ci fasse l’objet d’un consensus apparent, demeurent cependant peu discutés (Lenne-Cornuez et Nayfeld 2026).
La conception de la punition (ou de la peine, de la sanction) qui est visée est très peu présente dans les débats contemporains et apparaît insuffisamment théorisée par le féminisme majoritaire, pourtant ancré dans le tournant judiciaire et institutionnel de la "deuxième vague". Celui-ci a pu néanmoins être accusé, par un courant féministe plus minoritaire, d’être devenu "punitif" ou "carcéral" (Bernstein 2007, Budmiller 2008, Taylor 2018, Gruber 2020, Vergès 2020, Pitch 2022, Deck Marsault 2026). Certaines propositions théoriques et pratiques relient alors féminisme et abolitionnisme pénal (Davis et al. 2022, Kaba 2023, Ricordeau 2023) de manière indissociable. D’un côté, il apparaît nécessaire de s’interroger sur les justes réponses à apporter aux violences, sans prêter le flanc à des récupérations par des politiques répressives. D’un autre côté, les réponses extra-pénales ou alternatives à la sanction ne sont pas elles-mêmes dénuées de difficultés, notamment du point de vue des victimes de ces violences.
Le séminaire POENA a pour objectif d’interroger la compatibilité de la peine (ses conceptions, ses justifications) avec les principes et objectifs féministes, de mettre en valeur le champ des réflexions sur les justices alternatives (transformatrices, réparatrices, restauratrices, restauratives) face aux violences de genre, et de discuter des limites de la stratégie pénale pour le féminisme. Loin de chercher à opposer de façon manichéenne féminisme punitif et anti-punitif, on cherchera à déterminer les voies possibles d’une véritable transformation sociale.
Ce séminaire, pluridisciplinaire, réunira des chercheurs et chercheuses en philosophie et en droit, mais aussi en sociologie, en science politique, en criminologie, en sciences de l’information, etc. Il est ouvert à toute personne intéressée par ces questions.
Programme du séminaire
- Programme du séminaire 2026-2027
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- 12 novembre : Elsa Deck Marsault : “Questionner le féminisme punitiviste. Discussion autour du livre La Violence en spectacle (2026)” (salle Caillemer, 18h-20h)
- 3 décembre : Delphine Griveaud : “Justice restaurative, violences de genre et féminismes” (salle Caillemer, 18h-20h)
- 4 février : Marc Pichard : titre à annoncer
- 4 mars : Emma Bigé et Yves Citton : “Justices et transformations”
- 1er avril : Guillaume Maraud : “Abolir la punition, certes, mais selon quelles perspectives stratégiques ?”
Organisateurs
Séminaire coordonné par :
Johanna Lenne-Cornuez (Université Jean Moulin Lyon 3/IRPhiL)
Gaëlle Marti (Université Jean Moulin Lyon 3/CEE)
Johanna Lenne-Cornuez (Université Jean Moulin Lyon 3/IRPhiL)
Gaëlle Marti (Université Jean Moulin Lyon 3/CEE)
